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L'expérience du peyotl
tient dans Les Tarahumaras une place importante. Elle a un retentissement
important dans l'oeuvre artaudienne à partir de 1936. On la retrouve
avec Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras et le Supplément
en 1943, et, bien plus tard encore, dans deux écrits nommés
Tutuguri. Certains de ces textes ont
un ton particulièrement mystique, et, avant de rentrer dans le coeur
du sujet, il est utile de tenter d'expliquer le surgissement
inattendu du Christ dans ces écrits d'Artaud.
On a beaucoup écrit sur le peyotl, cactée que l'on trouve
essentiellement sur les plateaux mexicains, du Rio Grande au nord à
Mexico au sud. La Lophophora Williamsii a fait l'objet d'études
scientifiques à partir de la fin du XIXe siècle,
mais a été décrite dès les débuts de
la colonisation espagnole. C'est Bernardino de Sahagún qui cite le premier
l'existence de cette plante et l'usage qu'en font les Indiens de la Nouvelle-Espagne
:
"La plante, Peyotl, sorte de Nopal de terre, est
blanche. Elle croît dans les régions septentrionales et provoque
chez ceux qui la mangent ou la boivent des visions effrayantes ou risibles.
L'ivresse dure deux ou trois jours, puis disparaît. Les Chichimèkes
font de cette plante une consommation considérable. Cela leur donne
des forces, les excite au combat, leur enlève la peur, les empêche
de ressentir les effets de la faim et de la soif. On dit même que
cela les met à l'abri de tous dangers.1"
L'origine du peyotl remonte bien au-delà des Aztèques, qui
l'associent au Soleil, le dieu guerrier. C'était en effet l'aliment
de base du combattant aztèque, censé le rendre invulnérable.
Avec l'évangélisation et la conquête du continent,
l'usage s'en répandit peu à peu notamment dans la deuxième
moitié du XIXe siècle dans toute l'Amérique
du Nord.
Le peyotl est toujours l'objet d'un pèlerinage chez les Huichols
et les Tarahumaras2. Le voyage – que ces deux ethnies sont désormais
les seules à effectuer – représente plusieurs centaines de
kilomètres aller et retour, et a lieu en général pendant
les premières semaines d'octobre.
Les hallucinations causées par l'absorption du peyotl sont très
particulières. Le peyotl contient sept alcaloïdes, dont la
mescaline, sous l'influence de laquelle Henri Michaux a écrit Misérable
miracle, essai "expérimental" dans tous les sens du terme, composé
de textes et de dessins exécutés par l'artiste sous l'emprise
de la drogue. C'est également sur les effets de la même substance
que Aldous Huxley a écrit The Doors of Perception.
D'autres, avant Artaud, Michaux ou Huxley, ont testé la mescaline
et y ont éprouvé un certain plaisir, du moins une réelle
fascination. À la fin du siècle dernier, le Docteur
Ludwig Lewin cite le récit d'un jeune étudiant en médecine
qui s'est proposé volontaire pour absorber de la mescaline et en
décrire les effets :
"... La première phase est une sorte de retranchement
du monde extérieur et l'apparition d'une vie purement intérieure
qui suscite l'étonnement...
À la deuxième phase se présentent des images
de cette vie exclusivement intérieure, des hallucinations sensorielles,
des mirages..., accompagnés la plupart du temps de modifications
de la vie psychique...
Aucune impression désagréable ne trouble
les heures que dure cette vie de rêve… Le sujet se sent toujours
en disposition joyeuse. En comparaison du monde tel qu'il apparaît
alors, le monde d'autrefois semble pâle et mort... arabesques coloriées,
figures géométriques... dessins de tapisseries... à
côté de ces objets peuvent apparaître des personnages parfois grotesques,
des nains de diverses couleurs, des créatures fabuleuses... L'individu
a l'impression de ne plus rien peser ou d'avoir grandi, ou une impression
de dépersonnalisation ou du dédoublement de son "moi".
Le sujet conserve une conscience claire et active et
aucun obstacle ne s'oppose à la concentration de son attention.
Il éprouve le besoin de faire de l'introspection.3"
Des visions de croix sont évoquées dans de
nombreux témoignages de personnes ayant absorbé du peyotl
ou de la mescaline :
"Un dessin de croix se présentait avec une fréquence
toute particulière et la plus grande diversité. Sans cesse,
des lignes centrales de la croix se détachaient vers les côtés
des ornements onduleux comme des serpents ou dardés comme des langues
mais qui gardaient la rigueur de leurs lignes.4"
Lewin cite notamment le cas d'un homme qui aurait vu le Christ alors qu'il
s'était adonné à la mescaline :
"En fin de psychose. un homme voyait, les yeux ouverts,
des oiseaux verts et rouges et, quand il les fermait, des jeunes filles
vêtues de blanc, des anges, la sainte Vierge, Jésus-Christ
en bleu ciel."
On voit comment un amalgame peut être fait entre
cette vision de croix - symbole central des croyances amérindiennes
où il est associé au soleil - et, pour un esprit occidental,
la croix chrétienne, où parfois apparaît
le Christ.
Le Rite du Peyotl fut écrit en 1943, c'est-à-dire
sept ans après le voyage d'Artaud dans la Sierra Tarahumara. On
voit mal a priori comment on pourrait expliquer un tel revirement de l'écrivain
après toutes ces années. En effet, il y a peu de choses en
commun entre la description d'un rite profondément païen par
un esprit aussi anti-chrétien que l'Artaud des années trente
telle qu'on peut l'apprécier dans La Danse du Peyotl et le
ton excessivement mystico-chrétien du Rite du Peyotl écrit
à Rodez en 1943. On pourrait avancer l'hypothèse que ces
visions qu'il a eues en 1936, Artaud les a réinterprétées
des années plus tard, alors qu'il était, selon ses termes,
"empoisonné", envoûté "par la prêtraille profitant
de sa faiblesse momentanée6". Au milieu
de son "délire", ces croix se sont faites chrétiennes :
" ... La lutte ente le Mal et Dieu n'est pas encore finie
et pour qu'arrive le Règne de Dieu sur terre il faut être
chaste- […] Car les choses sont faites par le soleil et comme lui, et elles
sont faites comme ceci", m'ont dit ces prêtes avec des signes des
bras et du corps qui constituent les attitudes de Danse Religieuse les
plus extraordinaires que j'aie jamais vues.
Parmi ces signes il y avait le Signe de la Croix tel
que les catholiques le font mais il y en avait une inanité d'autres.7"
Ce passage est tiré d'une lettre à Henri Parisot, qui dans
Les Tarahumaras suit un autre texte qu'Artaud écrivit pendant
sa période mystico-chrétienne, le Supplément au
Voyage au pays des Tarahumaras, où, là encore, la croix
est omniprésente. Cette obsession a suggéré à
l'Américaine Julia Costich que dans ces textes, l'interrogation
du monde "is directed by God through a cruciform opening of perception8".
Ceci nous amène à une autre hypothèse, qui n'est
pas forcément incompatible avec la première, mais qui la
complète en la renforçant. L'ethnologue allemand Claus Deimel,
lorsqu'il décrit les rites et les croyances des Tarahumaras, indique
que si bon nombre de leurs coutumes ancestrales sont restées profondément
ancrées chez eux, le christianisme a néanmoins fait son chemin.
Un certain syncrétisme s'est donc opéré dans leurs
croyances :
"Les traditions des Tarahumaras offrent la description
des transformations extérieures de leur civilisation : le Dieu chrétien, tata diosi, nommé aussi parfois onoruame, notre père très grand - nom d'ailleurs identifié avec le soleil—, les Saints chrétiens jesusi, san josé su cristo et maria passent aujourd'hui pour les créateurs de toutes choses.9"
Marino Benzi cite un cas comparable chez les Indiens Huichols :
"Le Christ, la Vierge et saint Joseph apparaissent parfois
avec les attributs des divinités auxquelles ils sont identifiés
ou associés, tout en consentant des traits rappelant vaguement le
catholicisme.
Le Christ est conçu magiquement par la Vierge
grâce à l'action d'une fleur de lis blanc qui pénètre dans son ventre pour
la féconder, ce qui rappelle la naissance des divinités précolombiennes. Le Christ, protagoniste
presque exclusif des événements que nous rapportons, est un grand prêtre-chaman,
un héros culturel...10"
L'évangélisation des Indiens et leur réinterprétation
chrétienne des visions mescaliniennes aboutit à la naissance
à la fin du siècle dernier d'un mouvement religieux amérindien
dont le peyotl est un élément central :
"Le Nouveau complexe du Peyotl : apparaît vers
1891 (d'après le témoignage de l'époque: James Mooney).
un certain John Wilson (métis Delaware, Caddo et Français)
s'instaura Prophète du Peyotl après des visions lui ayant
montré des faits et images de la vie du Christ. Mis en présence
du Christ et du Peyotl, il recueillit des instructions précises
pour établir le nouveau rituel et instaura les dogmes messianiques.
Il reçut, en particulier, consigne, dans ses hallucinations, de
demander à ses partisans de s'abstenir de boire de l'alcool et d'éviter
toute débauche. Le nouveau culte se répandit très
rapidement parmi les diverses tribus particulièrement malmenées
et déplacées par les gouvernements successifs: les Oklahoma,
Senèques, Shawnee, Delaware, Quapaw, Potawatomi et Osage, entre
autres, donnèrent naissance a de nouveaux prophètes du peyotl.11"
Dès lors, on voit comment le processus mental hypothétique
cité plus haut a pu être favorisé. Cependant, comme on l'a vu plus haut, le syncrétisme
qui s'est opéré chez les Tarahumaras et les Huichols est
différent de celui que nous venons de citer. Artaud était
au fait de ces croyances hybrides, mélangeant les anciens dieux
et la Trinité catholique, et comme le dit Kenneth White :
"Il [Artaud] est trop conscient que les Indiens eux-mêmes
ne savent plus trop ce qu'ils font: leurs traditions sont oubliées, embrouillées,
ils racontent des histoires "dont ils ont égaré la liaison et le secret".
Cette cérémonie avec ses sacrifices, ses clochettes, ses croix, ses miroirs ressemble trop à
une messe !12"
Mais, en 1936, Artaud ne porte guère d'attention à ces réminiscences
catholiques dans les rites tarahumaras ; à la rigueur, elles provoquent
chez lui un étonnement amusé : ainsi, lorsqu'il décrit
les "Êtres" représentés par un cercle de croix, il
signale la présence du "Mâle-Principe de la Nature, que les
Indiens dénomment San Ignacio, et sa femelle San Nicolas !"13.
En fait, ce qui le fascine avant tout, ce sont les éléments
profondément sacrés et païens de ces rites ancestraux,
et les rapports essentiels que ces Indiens entretiennent avec la Terre,
le Soleil, le Feu et eux-mêmes. C'est cet aspect qui redeviendra
le thème central des deux Tutuguri qu'Artaud écrira
peu de temps avant sa mort.
Car le peyotl, comme toute initiation, est d'abord une expérience
avec soi-même. Il suffit de s'en rapporter aux copieux chapitres
qu'y consacre Marino Benzi dans Les derniers adorateurs du peyotll4,
ou au récit sous forme de journal de l'ethnologue Carlos Castaneda15
pour s'en convaincre. Une telle éducation - car c'est bien de cela
qu'il s'agit -, qui consiste à se débarrasser de tout un
héritage socio-culturel pour enter dans la réalitél6
(processus qui trouve plus d'un lien de parenté avec les métamorphoses
nietzschéennes), ne pouvait que séduire un homme comme Artaud,
à qui la civilisation occidentale ne peut plus rien apporter hormis
un profond dégoût.
J'ai parlé plus haut d’"expérience avec soi-même".
Ces termes peuvent porter à confusion, car le peyotl, chez Artaud, n'est pas un moyen "de faire
de l'introspection", comme le formule plus haut le témoin cité
par Lewin. L'expérience d'Artaud avec le peyotl n'a rien à
voir avec celles de Michaux ou de Huxley avec la mescaline. Ces deux derniers
utiliseront cette drogue pour en mesurer les effets sur leur psychisme :
il s'agit d'expériences particulièrement égocentriques,
d'explorations intérieures. Mais le désir d'Artaud est tout
autre.
La plante des Indiens va d'abord soulager Artaud de ses souffrances
physiques. Il souffre depuis sa jeunesse d'une maladie nerveuse, diagnostiquée
et traitée comme une syphilis héréditaire à
partir de l'âge de dix-neuf ans, le mettant dès lors sous
la dépendance des drogues. La danse du peyotl est en effet un moyen
de guérison inespéré pour un homme comme Artaud, qui
arrive dans la Sierra Tarahumara épuisé il est déjà
dans un état de santé précaire à son départ
de Mexico et certainement en manquel7 :
"Après des fatigues si cruelles, je le répète,
qu'il ne m'est plus possible de croire que je n'aie pas été
réellement ensorcelé, que ces barrières de désagrégation
et de cataclysmes, que j'avais senti monter en moi, n'aient pas été
le résultat d'une préméditation intelligente et concertée,
j'avais atteint l'un des derniers points du monde où la danse de
guérison par le Peyotl existe encore, celui, en tout cas, où
elle a été inventée. Et qu'est-ce donc, quel faux
pressentiment, quelle intuition illusoire et fabriquée me permettait
d'en attendre une libération quelconque pour mon corps et aussi,
et surtout, une force, une illumination dans toute l'ampleur de mon paysage
interne, que je sentais à cette minute précise hors de toute
espèce de dimensions.18"
C'est donc un soulagement, un moyen de rassembler les morceaux épars
d'un "corps lacéré de vibrations continues"19
comme le définit Daniel Odier. "Je souffre atrocement", écrit sans arrêt Artaud à ses amis
tout le long de sa vie. L'opium, le laudanum, l'héroïne, atténuent cette souffrance
occasionnellement, mais ne font qu'aggraver la douleur, à terme, en créant une dépendance.
La "plante-principe". comme l'appelle Artaud, a la vertu salvatrice d'atténuer
les souffrances. Marino Benzi signale d'ailleurs que "le peyotl est pour
les Indiens un remède magique contre toutes les maladies"20.
Cependant la prise du peyotl revêt chez les Indiens un caractère
sacré : il faut un long jeûne et une préparation spirituelle
avant de pouvoir ingérer la drogue ; c'est à ce prix que
l'on peut explorer la réalité.
"Mais on y parvient pas sans avoir traversé un
déchirement et une angoisse, après quoi on se sent comme retourné et reversé
de l'autre côté des choses et on ne comprend plus le monde que l'on vient de quitter. Je dis : reversé de l'autre côté
des choses, et comme si une force terrible vous avait donné d'être restitué à ce
qui existe de l'autre côté. - On ne sent plus le corps que l'on vient de quitter et qui vous assurait dans ses limites,
en revanche on se sent beaucoup plus heureux d'appartenir à l'illimité
qu'à soi-même car on comprend que ce qui était soi-même est venu de la tête
de cet illimité, l'Infini, et qu'on va le voir. On se sent comme dans une onde gazeuse et qui dégage
de toutes parts un incessant crépitement.21"
Ce passage décrivant la première expérience d'Artaud
avec le peyotl insiste sur la dualité corps/être qui semble
s'opérer sous son influence. Cette dualité est fondamentale
chez les Amérindiens, qui croient notamment à la métempsycose : Carlos Castaneda décrit ainsi, lors d'une initiation similaires
sa métamorphose en corbeau, lui permettant de se dégager
de son enveloppe charnelle pour survoler et apprécier le monde dans
sa réalité supérieure.
La libération de l'être hors du corps passe par l'unité :
"Des choses sorties comme de ce qui était votre
rate, votre foie, votre coeur ou vos poumons se dégagent inlassablement et éclatent
dans cette atmosphère qui hésite entre le gaz et l'eau, mais semble appeler à elle
les choses et leur commander de se rassembler.22"
Artaud sait enfin ce qu'est un "corps sans organes", obsession récurrente
dans toute son oeuvre. Les organes sont ce qui gâche, ce qui pervertit
la notion d'homme, car ils vont à l'encontre de l'idée d'unité.
On sait le dégoût qu'il porte à cette représentation
d'un homme "parcelé", où l'organe sexuel apparaît comme
l'obscénité finale. Le peyotl fait entrevoir à Artaud
la vérité :
"Le Peyotl ramène le moi à ses sources
vraies. - Sorti d'un état de vision pareille on ne peut plus comme avant confondre le mensonge avec
la vérité. - on a vu d'où l'on vient et qui l'on est, et on ne doute plus de ce
que l'on est. - Il n'est plus d'émotion ni d'influence extérieure qui
puisse vous en détourner.
[...] Prendre ses rêves pour des réalités
voilà ce dans quoi le Peyotl ne vous laissera jamais sombrer.23"
Le rite du peyotl, les propriétés particulières de
la plante et sa signification dans la culture amérindienne, permettent
aussi à Artaud de retrouver la "cruauté" qu'il avait définie
dès 1933, et qu'il cherchait à atteindre à travers
le théâtre. Dans Théâtre et cruauté
: Dionysos profané25, Pierre Brunel
cite les descriptions que fait Artaud des rites tarahumaras, et pose la
question : "Est-ce à dire que le théâtre tient la place
du peyotl ?". En effet, l'auteur rapproche la volonté d'Artaud de
vouloir amener le spectateur à un "état de transe" aux danses
"calculées" des Indiens. "Je serais tenté de le croire, et
de penser qu'à travers la pratique théâtrale, Artaud
tend vers une connaissance, vers la découverte de "l'idée
de transe26", conclut-il.
On retrouve donc l'idée de connaissance. "Connaître, c'est
resurgir avec", écrit Artaud, et les Tarahumaras connaissent des
danses magiques, et savent utiliser la plante qui "permet de voyager dans
la réalité27", et donc d'accéder
à cette connaissance par une renaissance de l'être hors du
corps.
Cette réalité définie précédemment
correspond en fait parfaitement à ce que Carlos Castaneda, désignant
le monde supérieur auquel font accéder le peyotl et d'autres
substances hallucinogènes utilisées par les Indiens, appelle
la "réalité de consensus particulier".
L'expérience de cette plante hallucinogène restera chez Artaud
unique. Elle n'est surtout pas comparable à ses précédentes
absorptions de stupéfiants, dont il connaissait les effets néfastes
et dominateurs. D'ailleurs, avant de partir pour la Sierra Tarahumara,
il se débarrassera de l'héroïne qui lui restait. Le
début d'un très court texte d'Artaud, écrit en mai
1947, résume son expérience en ces termes :
"J'ai pris du Peyotl au Mexique dans la montagne et j'en
ai eu un paquet qui m'a fait deux ou trois jours chez les Tarahumaras, j'ai pensé
alors à ce moment-là vivre les trois jours les plus heureux de mon existence.
J'avais cesse de m'ennuyer, de chercher à ma vie
une raison et j'avais cessé d'avoir à porter mon corps.
Je compris que j'inventais la vie, que c'était
ma fonction et ma raison d'être et que je m'ennuyais quand je n'avais
plus d'imagination et le peyotl m'en donnait.24"
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- Bernardino de SAHAGÚN, Historia general de las Cosas de Nuova España, Lib. X, Cap. XXXIX, §2, cité par Ludwig LEWIN, Les paradis artificiels, Payot, coll. "Bibliothèque scientifique", 1928, p. 199.
- Marino BENZI, Les Derniers adorateurs du peyotl, Gallimard, 1972, p. 297.
- Ludwig LEWIN, Phantastica, p. 119-121, cité par Patrick ALLAIN, Hallucinogènes et société : cannabis et peyotl, phénomènes culturels et mondes de l'imaginaire, Payot, coll. "Bibliothèque scientifique", 1973, p. 38.
- LEWIN, Les paradis artificiels, p. 130.
- ibid., p. 128.
- "Post-Scriptum", OEC IX, p. 31.
- Lettre à Henri Parisot, 10 décembre 1943, OEC IX, p. 113.
- Julia F. COSTICH, Antonin Artaud, 1978, p. 68.
- Claus DEIMEL, Les Tarahumaras au présent et au passé, Fédérop, 1981, p. 25.
- BENZI, op. cit., p. 272-273.
- ALLAIN, op. cit., p. 150-151.
- Kenneth WHITE, Le monde d'Antonin Artaud, Complexe, coll. "Le regard littéraire", 1989, p. 115.
- "La Danse du Peyotl", OEC IX, p. 45.
- BENZI, op. cit., p. 287 et suiv.
- Carlos CASTANEDA, L'Herbe du diable et la petite fumée, Le Soleil Noir, 1976.
- Je souligne ici ce terme car il s'agit de la réalité telle que l'entend Artaud : non pas le monde sensible, mais le monde tel que le perçoivent
les "Primitifs", à travers les rêves et les visions du peyotl, où les véritables "propriétés" des objets apparaissent (cf.
"Le Mexique et l'état primitif : Maria Izquierdo", OEC VIII).
- Luis Cardoza y Aragon rapporte qu'à Mexico, "Artaud s'est mis à nouer des rapports avec la pègre de la Plaza Garibaldi"
afin de se procurer de la drogue, et même qu'"il s'est fait rouler plus d une fois" ("Pourquoi le Mexique ?", Europe, n°667-668, novembre-décembre
1984, p. 101).
- "La Danse du Peyotl", OEC IX, p. 41.
- Daniel ODIER, "La nuit marche sur la nuit", Planète Plus, n°20, février 1971, p. 84.
- BENZI, op. cit. p. 309.
- "Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras", OEC IX, p. 25-26.
- ibid., p. 26.
- ibid., p. 27.
- "Une note sur le Peyotl", OEC IX, p. 97 (note rédigée pour la publication du Rite du Peyotl chez les Tarahumaras dans L'Arbalète n°12, printemps 1947).
- Librairie des Méridiens, 1982.
- ibid., p.83.
- "Le Mexique et l'état primitif : Maria Izquierdo", OEC VIII, p. 259-260.
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